Dividendes et impôts : entre le prélèvement forfaitaire de 30 % et le barème avec abattement de 40 %, le bon choix dépend de la tranche.
En 2026, un dividende versé sur un compte-titres subit par défaut le prélèvement forfaitaire unique de 30 %. L’option pour le barème, avec son abattement de 40 %, devient pourtant plus favorable dans certaines tranches d’imposition.
Dividendes et impôts : le calcul dans les deux options
Les dividendes reçus sur un compte-titres ordinaire sont soumis, par défaut, au prélèvement forfaitaire unique de 30 % en 2026. Ce PFU, souvent appelé flat tax, comprend 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.
Vous pouvez renoncer au PFU et choisir l’imposition au barème progressif. Les dividendes éligibles profitent alors d’un abattement de 40 % pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent toutefois calculés sur le montant brut, sans abattement.

Le fonctionnement du PFU à 30 %
Avec le PFU, le calcul est direct. Pour 1 000 € de dividendes bruts reçus en 2026, la fiscalité atteint 300 €. Elle se compose de 128 € d’impôt sur le revenu et de 172 € de prélèvements sociaux. Vous conservez donc 700 € après impôts.
Votre tranche marginale d’imposition, ou TMI, ne modifie pas ce taux. Un contribuable imposé à 11 %, 30 % ou 41 % supporte le même prélèvement de 30 %, hors contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.
Le fonctionnement du barème avec abattement de 40 %
Au barème progressif, seuls 60 % du dividende brut entrent dans le revenu imposable. Sur 1 000 € perçus en 2026, l’impôt sur le revenu porte donc sur 600 €. Cette base est taxée selon votre tranche marginale.
Les prélèvements sociaux restent égaux à 172 €. Une fraction de la CSG, fixée à 6,8 % du dividende brut en 2026, devient déductible du revenu global de l’année de son paiement. Cette déduction intervient avec un décalage et non lors du calcul immédiat du dividende.
L’abattement de 40 % réduit uniquement la base soumise à l’impôt sur le revenu. Il ne diminue jamais les prélèvements sociaux de 17,2 %.
PFU ou barème : calcul pour une TMI de 11 %, 30 % et 41 %
La comparaison suivante porte sur 1 000 € de dividendes éligibles reçus en 2026. Elle intègre l’économie future liée à la CSG déductible de 6,8 %, en supposant que cette déduction est valorisée au même taux marginal.
| TMI | PFU total | Barème avant CSG déductible | Économie liée à la CSG | Coût effectif du barème | Régime favorable |
|---|---|---|---|---|---|
| 11 % | 300 € | 238 € | 7,48 € | 230,52 € | Barème |
| 30 % | 300 € | 352 € | 20,40 € | 331,60 € | PFU |
| 41 % | 300 € | 418 € | 27,88 € | 390,12 € | PFU |
À 11 %, le barème réduit l’imposition du dividende
Avec une TMI de 11 %, l’impôt sur le revenu atteint 66 €, soit 11 % de la base imposable de 600 €. En ajoutant 172 € de prélèvements sociaux, la charge immédiate s’élève à 238 €.
La CSG déductible représente 68 €, soit 6,8 % des 1 000 € bruts. Si cette somme réduit un revenu taxé à 11 %, l’économie ultérieure atteint 7,48 €. Le coût fiscal effectif revient ainsi à 230,52 €, soit 23,05 % du dividende. L’économie face au PFU atteint 69,48 € pour 1 000 € distribués.
À 30 %, le PFU reprend l’avantage
Avec une TMI de 30 %, l’impôt calculé après l’abattement atteint 180 €. Après ajout des prélèvements sociaux, la charge immédiate est de 352 €.
La déduction de 68 € de CSG procure une économie théorique de 20,40 € si elle s’impute dans la tranche à 30 %. Le coût effectif ressort à 331,60 €, soit 33,16 %. Le PFU réduit alors la facture de 31,60 € pour 1 000 € de dividendes.

À 41 %, l’écart se creuse en faveur du PFU
Avec une TMI de 41 %, les 600 € imposables génèrent 246 € d’impôt sur le revenu. La charge immédiate atteint 418 € avec les prélèvements sociaux.
L’économie future issue de la CSG déductible est estimée à 27,88 €. Le coût effectif du barème atteint donc 390,12 €, soit 39,01 %. Le PFU économise 90,12 € sur un dividende brut de 1 000 €.
Comment choisir selon votre situation fiscale
Le seuil théorique d’équilibre se situe autour d’une TMI de 24 % en 2026 lorsque la CSG déductible est pleinement valorisée. Sous ce niveau, le barème tend à être favorable pour des dividendes éligibles. Au-dessus, le PFU tend à coûter moins cher.
Ce repère ne suffit pas toujours. Le choix du barème est global pour les revenus de capitaux mobiliers et les plus-values mobilières concernés par le PFU. Vous ne pouvez pas conserver le PFU pour vos intérêts et choisir séparément le barème pour vos dividendes de la même année.
Or l’abattement de 40 % concerne les dividendes éligibles, mais pas les intérêts d’un compte à terme, d’un livret bancaire fiscalisé ou d’une obligation. Un foyer à 11 % détenant surtout des dividendes a souvent intérêt au barème. Le même foyer, s’il reçoit beaucoup d’intérêts sans abattement, doit refaire le calcul sur l’ensemble de ses revenus financiers.
- TMI de 0 % ou 11 % : le barème mérite généralement d’être retenu lorsque les dividendes représentent l’essentiel des placements imposables.
- TMI de 30 % : le PFU est normalement favorable, sauf effet particulier de la décote, d’un déficit ou d’une baisse de revenu.
- TMI de 41 % ou 45 % : le PFU réduit en principe l’impôt sur les dividendes éligibles.
- Revenus financiers variés : la comparaison doit inclure les intérêts, les plus-values et les moins-values de l’année.
La TMI n’est pas le taux moyen d’imposition. Une partie de vos revenus reste taxée dans les tranches inférieures. L’ajout des dividendes peut aussi vous faire franchir une tranche. Pour obtenir un résultat précis, comparez l’impôt total du foyer avec et sans l’option au barème, plutôt que d’appliquer mécaniquement votre TMI à chaque euro.
Case 2OP, déclaration des dividendes et CSG déductible
Le choix du barème s’effectue en cochant la case 2OP de la déclaration annuelle de revenus. Pour des dividendes reçus en 2026, cette option sera exercée lors de la déclaration déposée en 2027. Sans cette case, le PFU reste le régime appliqué.
Les dividendes ouvrant droit à l’abattement de 40 % sont normalement déclarés en case 2DC. Vérifiez les montants préremplis à partir de l’imprimé fiscal transmis par votre intermédiaire financier. Une distribution mal classée risque de priver le revenu de l’abattement ou de l’appliquer à tort.
Le prélèvement de 12,8 % déjà retenu lors du versement constitue un acompte d’impôt sur le revenu. Il est généralement reporté en case 2CK. Si vous choisissez le barème, cet acompte vient en déduction de l’impôt final. Un excédent donne lieu à restitution. Il ne s’ajoute donc pas au montant calculé au barème.
L’option 2OP est reconduite par l’administration lorsque vous l’avez exercée l’année précédente. Vous devez la décocher si le PFU redevient plus adapté à votre foyer. Une hausse de salaire, un passage dans la tranche à 30 % ou la perception d’intérêts élevés justifie une nouvelle comparaison.
La CSG déductible de 6,8 % est prise en compte sur le revenu global imposable de l’année de son paiement lorsque les dividendes ont été soumis au barème. Elle n’est pas déductible lorsque vous conservez le PFU. Son avantage réel dépend donc des revenus et de la tranche applicables lors de la déduction.
Dispense d’acompte et dividendes non éligibles à l’abattement
Demander la dispense du prélèvement de 12,8 %
Une dispense de l’acompte d’impôt sur le revenu est accessible sous condition de revenu fiscal de référence. Pour les dividendes, le RFR de l’avant-dernière année doit être inférieur à 50 000 € pour une personne seule ou à 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune.
Pour éviter l’acompte sur des dividendes versés en 2026, la demande devait être adressée à l’établissement payeur avant le 30 novembre 2025. Elle prend la forme d’une attestation sur l’honneur. La dispense ne concerne que l’acompte de 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus lors du versement.
Cette formalité améliore votre trésorerie, mais ne réduit pas l’impôt final. Si le PFU est finalement retenu, les 12,8 % seront payés lors de la régularisation. Si le barème est choisi, l’impôt sera calculé selon les revenus du foyer.
Vérifier que le dividende bénéficie de l’abattement
L’abattement de 40 % vise principalement les distributions décidées régulièrement par des sociétés françaises ou étrangères soumises à l’impôt sur les sociétés, ou à un impôt équivalent. Certaines distributions de fonds, de sociétés d’investissement immobilier cotées ou de structures bénéficiant d’un régime fiscal particulier n’y ouvrent pas droit.
Les dividendes encaissés dans un PEA ne sont pas soumis chaque année au PFU ou au barème. Ils restent dans l’enveloppe fiscale. En 2026, le plafond de versement du PEA est de 150 000 €, tandis que l’ensemble PEA et PEA-PME ne peut pas dépasser 225 000 €. La fiscalité intervient selon les règles applicables aux retraits, et non à chaque distribution.
Avant de cocher 2OP, rassemblez le montant des dividendes éligibles, les distributions sans abattement, les intérêts taxables, les plus-values mobilières et les moins-values reportables. Comparez ensuite l’impôt global du foyer. Cette méthode évite de choisir le barème sur le seul attrait de l’abattement de 40 %.
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