En 2026, un rachat effectué après 8 ans profite d’un abattement annuel de 4 600 € sur les gains, porté à 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Le calcul repose uniquement sur la part de rendement comprise dans la somme retirée, et non sur le montant total versé par l’assureur.
Quelle somme est taxée lors d’un rachat d’assurance vie ?
La fiscalité de l’assurance vie intervient lorsque vous effectuez un rachat, c’est-à-dire un retrait. Tant que l’argent reste dans le contrat, les gains ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Un arbitrage entre deux supports du même contrat ne déclenche pas non plus cette imposition.
Lors d’un rachat total, la base taxable correspond à la différence entre la valeur du contrat et les versements nets réalisés. Lors d’un rachat partiel, seule une fraction du retrait représente un gain. Le reste correspond au remboursement d’une partie de votre capital.
La formule appliquée par l’assureur est la suivante :
Gain taxable du rachat = montant retiré − montant retiré × versements restant à rembourser ÷ valeur du contrat avant le rachat.
Vous avez versé 20 000 € et votre contrat vaut 23 000 € en 2026. Vous retirez 5 000 €. La part de capital comprise dans ce retrait atteint 4 347,83 €, soit 5 000 × 20 000 ÷ 23 000. Le gain taxable s’élève donc à 652,17 €.
L’ancienneté fiscale court à partir de la date d’ouverture du contrat. Un rachat partiel ne remet pas ce compteur à zéro. La date de chaque versement reste toutefois déterminante pour choisir le régime fiscal applicable, notamment pour les primes versées avant ou après le 27 septembre 2017.
Fiscalité de l’assurance vie avant 8 ans en 2026
Pour les gains liés à des versements effectués depuis le 27 septembre 2017, un rachat avant le huitième anniversaire relève en principe du prélèvement forfaitaire unique. En 2026, celui-ci atteint 30 % :
- 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu ;
- 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.
Dans l’exemple précédent, les 652,17 € de gains supportent 83,48 € d’impôt sur le revenu et 112,17 € de prélèvements sociaux. Le coût fiscal total atteint 195,65 €. Sur les 5 000 € retirés, vous recevez donc économiquement 4 804,35 € après fiscalité, sous réserve des prélèvements sociaux déjà acquittés sur le fonds en euros.
La durée de détention exacte ne modifie pas le taux applicable aux versements récents tant que le contrat reste sous le seuil de 8 ans. Un rachat à 2 ans et un rachat à 7 ans relèvent donc du même taux forfaitaire de 30 % en 2026.
Les gains attachés à des versements antérieurs au 27 septembre 2017 conservent leur ancien régime. En 2026, le prélèvement forfaitaire libératoire sur l’impôt sur le revenu est de 35 % avant 4 ans et de 15 % entre 4 et 8 ans, auxquels s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. L’option pour le barème progressif reste possible. Un même rachat peut ainsi comporter plusieurs compartiments fiscaux, calculés par l’assureur.
Rachat après 8 ans : abattement et taux applicables
Après 8 ans, la fiscalité assurance vie devient plus favorable sur la part de gains retirée. En 2026, vous bénéficiez chaque année d’un abattement de 4 600 € si vous êtes célibataire, veuf ou divorcé. Il atteint 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.
L’abattement est commun à l’ensemble de vos contrats. Si vous détenez trois assurances vie, vous ne bénéficiez pas de trois abattements. Il se renouvelle par année civile et porte uniquement sur les gains compris dans les rachats.
Pour les versements réalisés depuis le 27 septembre 2017, le taux d’impôt sur le revenu applicable après l’abattement dépend du total des primes versées sur vos contrats :
| Situation en 2026 | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Taux total hors abattement |
|---|---|---|---|
| Contrat de moins de 8 ans | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Contrat de plus de 8 ans, versements jusqu’à 150 000 € | 7,5 % après abattement | 17,2 % | 24,7 % |
| Contrat de plus de 8 ans, fraction liée aux versements au-delà de 150 000 € | 12,8 % après abattement | 17,2 % | 30 % |
Le seuil de 150 000 € s’apprécie par assuré, tous contrats d’assurance vie et de capitalisation confondus. Il porte sur les versements, et non sur la valeur actuelle de l’épargne. Une personne ayant versé 140 000 € dont le contrat vaut 190 000 € reste sous ce seuil en 2026.
Lorsque les versements dépassent 150 000 €, la fraction de gains rattachée aux premiers 150 000 € bénéficie du taux de 7,5 %. La fraction liée au surplus est imposée à 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans les deux cas.
L’abattement de 4 600 € ou 9 200 € efface uniquement l’impôt sur le revenu. Il ne supprime pas les prélèvements sociaux. Un rachat dont les gains restent entièrement sous l’abattement supporte donc encore 17,2 % sur les produits qui n’ont pas déjà subi ces prélèvements.
Calculs d’un rachat après 8 ans

Exemple avec un gain inférieur à l’abattement
Vous avez versé 50 000 € sur un contrat qui vaut 60 000 € en 2026. Vous retirez 12 000 € après le huitième anniversaire. La part de capital atteint 10 000 €, selon le calcul 12 000 × 50 000 ÷ 60 000. Le gain inclus dans le retrait est donc de 2 000 €.
Pour une personne seule, ces 2 000 € sont inférieurs à l’abattement annuel de 4 600 €. Aucun impôt sur le revenu n’est dû. Les prélèvements sociaux atteignent 344 €, soit 2 000 × 17,2 %. Le montant net après fiscalité ressort à 11 656 €, lorsque les gains concernés n’ont pas déjà supporté les prélèvements sociaux.
Exemple avec un gain supérieur à l’abattement
Vous avez versé 80 000 € et votre assurance vie vaut 100 000 € en 2026. Vous effectuez un rachat partiel de 30 000 €. La part de capital comprise dans le retrait est de 24 000 €, soit 30 000 × 80 000 ÷ 100 000. Le gain taxable atteint 6 000 €.
Vous êtes célibataire et vos versements cumulés restent inférieurs à 150 000 €. Après l’abattement de 4 600 €, la base soumise à l’impôt sur le revenu est de 1 400 €. L’impôt atteint 105 €, soit 1 400 × 7,5 %. Les prélèvements sociaux portent sur la totalité du gain de 6 000 € et représentent 1 032 €. Le coût fiscal total est donc de 1 137 €.
Le retrait net ressort à 28 863 €. Pour un couple imposé en commun, l’abattement de 9 200 € absorberait l’intégralité des 6 000 € de gains. Seuls les prélèvements sociaux resteraient dus dans cette situation en 2026.
Cas particulier du fonds en euros
Sur un fonds en euros, les prélèvements sociaux sont généralement prélevés chaque année lors de l’inscription des intérêts. L’assureur tient compte des sommes déjà payées. Il ne prélève à nouveau que les contributions restant dues, notamment sur les gains des unités de compte ou sur certains produits non encore taxés.
Le calcul théorique à 17,2 % donne donc un plafond utile pour comprendre le mécanisme, mais le prélèvement constaté lors du rachat peut être inférieur. Le relevé fiscal annuel distingue les produits bruts, les prélèvements déjà acquittés et la base à déclarer.
PFU ou barème progressif : choisir le mode d’imposition
Le PFU s’applique par défaut aux produits issus des versements réalisés depuis le 27 septembre 2017. Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu lors de votre déclaration. Cette option remplace le taux de 12,8 % ou de 7,5 % par votre tranche marginale d’imposition. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.
L’option pour le barème est globale pour les revenus de capitaux mobiliers et les plus-values mobilières de l’année concernée. Vous ne pouvez pas choisir le barème uniquement pour un rachat d’assurance vie et conserver le PFU pour tous vos autres placements. Le choix doit donc intégrer les intérêts bancaires, les dividendes et les éventuelles plus-values imposables reçus en 2026.
- Avec une tranche marginale à 0 %, le barème est souvent plus favorable que le taux forfaitaire de 12,8 %.
- Avec une tranche marginale à 11 %, le barème mérite un calcul global avant validation de la déclaration 2026.
- Avec une tranche marginale à 30 %, 41 % ou 45 %, le prélèvement forfaitaire offre généralement un taux d’impôt inférieur.
L’assureur prélève habituellement un acompte au moment du rachat. Après 8 ans, cet acompte peut être calculé à 7,5 % même lorsque vos gains restent sous l’abattement annuel. La régularisation intervient ensuite avec l’impôt sur le revenu : l’excédent versé est imputé ou restitué.
Avant de demander un rachat, vérifiez la date d’ouverture, le montant des versements restant à rembourser, la valeur du contrat et les gains déjà retirés depuis le 1er janvier 2026. Répartir deux retraits sur deux années civiles permet d’utiliser deux fois l’abattement annuel, à condition que le calendrier réponde aussi à votre besoin de liquidités.
Demandez également à l’assureur une simulation nette distinguant le capital, les produits, l’impôt et les prélèvements sociaux. Cette ventilation évite de confondre la somme retirée avec la base réellement taxée et permet de comparer un rachat partiel avec une avance sur contrat.
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